Sandrine LAURANS - Comédienne

Bonjour et bienvenue sur mon site !

Comédienne, je me suis formée au Cours Florent à Paris après l'obtention de mon baccalauréat.
Trois années à découvrir ce fabuleux métier, à travailler sur une de mes peurs les plus profondes : m'exprimer.
Jusque-là, mon moyen d'expression était l'écriture... de poèmes en particulier, poèmes que vous découvrirez un peu plus loin si la curiosité vous y conduit !
Depuis petite, j'ai toujours voulu "m'essayer au théâtre", mais ma timidité m'a presque toujours empêchée de franchir vraiment le cap. Je parcourais les ateliers avec cette folle envie de me découvrir et d'explorer des personnages... sans jamais m'y attarder, m'auto-jugeant presque toujours, la confiance en moi faisant défaut à ce moment-là. Puis à 16 ans, je suis rentrée dans une compagnie amateure et y suis restée. Le metteur en scène m'ayant mis en confiance, j'ai pu me laisser aller à la découverte de mes premières émotions sur scène... Je me souviens d'une phrase d'une des comédiennes qui avait à son actif plusieurs années de théâtre et qui avait dans l'année quitté la troupe : faisant partie du public pour le spectacle de fin d'année, elle m'a dit : « Bravo. Je t'ai connue en début d'année et en l'espace de quelques mois, tu as pris trois années de théâtre. » 
Je me souviens avoir été très touchée... et cela m'a donné envie de persévérer car je sentais en moi beaucoup de possibilités qui sommeillaient et n'attendaient qu'une seule chose : pouvoir s'exprimer.
Depuis petite, j'ai été conditionnée par le côté "réaliste" des choses... Je me souviens, en primaire, d'une maîtresse nous ayant demandé d'écrire sur papier le métier auquel on aspirait... en ajoutant : « Ne mettez ni chanteuse, ni des métiers farfelus »... bref, nous guidant déjà dans ses aspirations à elle, occultant tout rêve et tout désir à ses élèves. A cette époque, je faisais de mon mieux pour contenter les "grandes personnes", j'ai donc joué le jeu en inscrivant sur mon papier un foutu métier qui ferait en sorte de lui plaire...
Beau caméléon déjà ! J'étais ce qu'on attendait de moi. Mon verbe préféré était d'ailleurs à l'époque : "se conditionner". Peut-être alors que c'était pour moi le moyen de m'essayer à autre chose que ce que j'étais. Une sorte de rôle au quotidien dans lequel je m'amusais à être celle que je n'étais pas.
Grave erreur : je me perdais.
A 17 ans, ce fut le déclic. Je me souviens du jour où une amie de l'époque, qui faisait du théâtre avec moi, avait répondu à ma mère qui lui posait la question de ce qu'elle comptait faire dans la vie : « je veux être comédienne. »
J'ai entendu ma mère, à mon grand étonnement, accueillir ses propos, commencer à échanger avec elle sur la mise en pratique du futur métier... J'étais alors face au miroir de la salle de bain qui jouxtait la chambre où elles se trouvaient... J'écoutais tout en sentant une colère sourde monter en moi : au bout de quelque temps, je suis sortie et me suis écriée : « Mais ce n'est pas possible de faire ce métier ! », ce à quoi ma mère a répondu : « Bien sûr que ça l'est, il y a des gens qui vivent de ça... ». Coup de massue. Des gens vivaient de ça ? du métier de comédien ? Je n'en revenais pas... De nouveau devant le miroir, je me suis regardée et plus déterminée que jamais je me suis dit : « Mais alors, c'est ça que je veux ! Je serai comédienne. »
L'année d'après fut scolairement épouvantable, les études ne m'intéressant pas du tout... le bac approchait... ma phobie scolaire aussi. J'ai donc stoppé là ma scolarité et ai suivi mes cours par correspondance.
Je ne désirais qu'une seule chose, aller à Paris me former, m'éloigner de ma vie pour me retrouver, prendre enfin mon envol !
« Aie ton bac, on verra après. » Je me suis alors accrochée comme j'ai pu pour réaliser ce rêve.
Bac en poche, en pleurs, je goûtais enfin à cet "après" qui allait faire partie de ma vie. Je me suis dans la foulée inscrite au Cours Florent pour un stage d'une semaine qui allait valider mon entrée dans la formation.
Trois années. Belles et dures. Avec des doutes, des remises en question... Moi petite provinciale sans expérience, ne connaissant personne "là-haut", j'ai dû prendre la vie à bras-le-corps : 
Travailler dans des petits boulots qui m'ont achevée psychologiquement, notamment celui d'hôtesse d'accueil exercé pendant trois ans, dans lequel je ne trouvais aucun sens. Je rejouais en fait au jeu du conditionnement que j'avais quitté un peu plus tôt : être juste belle, sourire, accueillir une poignée d'abrutis friqués, faire des ronds de jambes à tout-va, être payée minablement, tenir debout sur des talons des journées et des soirées entières dans des endroits, certes, fabuleux, mais où évidemment, les "petites hôtesses" que nous étions ne profitions pas.
Heureusement, mes cours me passionnaient et m'aidaient à tenir le coup entre deux prestations. J'ai connu les jalousies, des femmes particulièrement... Il m'arrivait parfois de venir angoissée au théâtre car j'avais droit à toutes sortes de sales crasses. Depuis toujours on me pointait ma différence... on m'écartait, jouait les indifférents tout en ne m'oubliant pas.
Je fascinais autant que je provoquais la haine et le rejet.
Bref, il me semble que j'écris un roman. Canalisons ! ;)
Je suis restée en tout cinq ans à Paris, ne faisant que travailler les deux dernières années, passant de moins en moins de castings puisque je n'en avais plus le temps.
D'hôtesse d'accueil je suis passée à démonstratrice en parfumerie et grands magasins (Le Bon marché, les Galeries Lafayette, Printemps Haussmann), puis la dernière année, attachée commerciale dans une grande entreprise, en alternance avec une école de commerce.
Au bout de huit mois enfermée dans un bureau à ne rien faire qu'à rêver d'un ailleurs, j'ai pris la décision de revenir dans le sud et de faire le point. Il fallait me rendre à l'évidence : je n'avais pas les épaules assez solides pour rester là-bas et me battre dans la "jungle parisienne", ni le dos assez docile pour rentrer dans la case "métro, boulot, dodo".
De retour chez moi, avec un goût amer, j'ai essayé d'oublier mon rêve en reprenant des études "conventionnelles" dans l'espoir de m'y faire... tout en continuant le théâtre dans différents ateliers et associations...
Jusqu'à ma perdition.
Dépression, clinique psy, plus goût à rien, déceptions accumulées, promesses non-tenues de la part de pervers du métier... je me suis effondrée. J'aurais pu y rester... 
Le théâtre m'a sauvée. Rien d'autre n'avait de sens pour moi... c'était Ma vie, le sens de Ma vie. 
Il fallait que je reprenne mes répétitions, le spectacle approchait... ou alors je restais en clinique, fantôme de moi-même à avaler trois fois par jour anxiolytiques et anti-dépresseurs.
L'élan de vie, si précieux qui, devant le psy, m'a fait dire : « Je dois sortir, j'ai une représentation théâtrale, je vais aller mieux ! », alors que ce dernier comptait me garder me jugeant trop fragile pour sortir de son sanctuaire... cet élan vital m'a sauvée. Le théâtre m'a sauvée.
Une rencontre m'a permis quelques mois plus tard d'intégrer une troupe professionnelle.
Mon rêve ! Vivre de ma passion, enfin ! Me connaître davantage, retrouver cette confiance que j'avais perdue... ou peut-être jamais eue.
Mais comme la vie n'est pas un long fleuve tranquille, au bout de deux ans le "contrat" s'est rompu. Même si ce fut une belle expérience (j'en avais surtout besoin), ce n'était encore pas assez pour l'exploratrice que j'étais... et que je suis toujours ! car cet épisode est récent.
Le manque de professionnalisme, de rigueur et de motivation de la compagnie ont contribué à mon départ.
Me voilà donc libre, toujours aussi passionnée et disponible pour de nouveaux projets ! Et surtout... confiante plus que jamais en Moi et en la Vie !
Ce fut long, un immense travail de tous les jours mais au final... je me suis apprise et surtout maintenant, je SAIS.
C'est une question de foi, ça ne s'explique pas.
Et malgré bon nombre de projets avortés, de déceptions qui ont jalonné ma vie et qui m'attendent encore sûrement, je ne lâcherai jamais rien.
Je SUY.

Suy Laurans

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